53,39 € par kW et par an. C'est ce que Fluvius facture en 2026 pour chaque kW de votre pointe mensuelle moyenne. Cette pointe est le quart d'heure le plus élevé du mois, mesuré par votre compteur numérique. Douze de ces quarts d'heure déterminent ensemble votre tarif capacitaire pour toute une année.
Une batterie qui aplanit ce seul quart d'heure réduit donc un coût qui revient chaque année. C'est ce qu'on appelle l'écrêtage de pointe (peak shaving), et c'est autre chose que stocker de l'électricité solaire pour la nuit.
Voici le calcul, ce que la batterie fait pendant ce quart d'heure, ce qu'elle ne peut pas faire, et comment la dimensionner.
En chiffres
Chaque chiffre provient d'une installation en service aujourd'hui ou des règles en vigueur pour 2026.
Voici comment Fluvius calcule votre tarif capacitaire
Votre compteur numérique enregistre toutes les 15 minutes la puissance moyenne que vous prélevez sur le réseau. Le quart d'heure le plus élevé du mois est votre pointe mensuelle. Fluvius prend la moyenne de vos douze pointes mensuelles et la multiplie par 53,39 € par kW.
Un exemple de calcul, à titre indicatif : si vos pointes mensuelles atteignent en moyenne 400 kW, vous payez environ 21 400 € par an sur ce poste. À 320 kW, cela devient environ 17 100 €. Ces 80 kW représentent chaque année plus de 4 200 €.
Deux caractéristiques de ce calcul pèsent lourd :
- Un seul mauvais quart d'heure compte pour tout le mois. Une malheureuse coïncidence un matin fixe la pointe.
- Votre consommation en kWh ne joue aucun rôle dans ce poste. Consommer moins n'aide pas si votre pointe reste aussi haute.
C'est le régime flamand. En Wallonie, les raccordements en moyenne tension et en basse tension au-delà de 56 kVA paient un terme capacitaire sur la onzième pointe quart-horaire la plus élevée du mois et sur la pointe la plus élevée des douze derniers mois (CWaPE, méthodologie tarifaire 2025-2029). En dessous de 56 kVA, il n'y a pas de terme capacitaire payant jusqu'en 2029.
Écrêtage de pointe : ce que la batterie fait pendant ce quart d'heure
La batterie se trouve derrière votre compteur et obéit au système de gestion de l'énergie. Celui-ci suit en temps réel la puissance que vous prélevez sur le réseau. Si elle approche d'un plafond que vous fixez à l'avance, la batterie fournit la différence. Le réseau ne voit que le plafond.
Un compresseur qui démarre pendant que la flotte commence à se recharger : sans batterie, c'est votre pointe mensuelle. Avec batterie, le compteur reste au plafond et le reste vient de la batterie.
Après la pointe, la batterie se recharge. De préférence en journée, avec le surplus de vos panneaux solaires que vous injecteriez sinon à 3 à 4 centimes par kWh. Elle se recharge ainsi sans effet sur votre prélèvement : pas de prélèvement supplémentaire, pas de nouvelle pointe.
Pour des pointes courtes et élevées, c'est surtout la puissance de la batterie (kW) qui compte. Pour des pointes qui durent plus longtemps, la capacité énergétique (kWh) compte aussi. Plus d'informations sur le stockage par batterie industrielle.
Ce qu'une batterie ne résout pas
Une batterie est un outil contre les pointes. Trois situations dans lesquelles elle ne fonctionne pas, ou seulement à moitié :
- Une grande batterie sur un petit toit. Si votre installation solaire produit peu de surplus, la batterie se recharge surtout sur le réseau. L'écrêtage fonctionne encore, mais le gain en autoconsommation disparaît.
- Une pointe qui dure des heures. Si votre processus prélève une puissance élevée et constante pendant toute une équipe, ce n'est pas une pointe mais votre charge de base. Une batterie qui devrait la porter devient d'une taille impayable. Vous regardez alors votre puissance de raccordement, votre processus ou votre planning.
- Un parc de recharge sans pilotage. Des points de recharge qui démarrent sans pilotage demandent d'abord une gestion de charge. C'est moins cher que de les absorber avec une batterie.
Une batterie dimensionnée pour l'autoconsommation n'est généralement pas celle qui aplanit votre pointe. Vous reconnaissez ce schéma sur votre facture ? Lisez alors votre facture augmente à cause des pointes.
On dimensionne sur douze mois de vraies données quart-horaires
La bonne batterie découle de trois chiffres présents dans vos données quart-horaires :
- De combien vos pointes dépassent le plafond souhaité. Cela détermine la puissance en kW.
- Combien de temps elles durent. Cela détermine la capacité énergétique en kWh.
- Combien de temps sépare deux pointes. Cela détermine si la batterie est à nouveau pleine à temps, et si cela peut se faire avec de l'électricité solaire.
Avec ces trois chiffres, nous simulons le plafond sur votre année réelle et voyons combien de kW disparaissent de votre pointe mensuelle moyenne. Sans données quart-horaires, tout dimensionnement est un pari, et une batterie trop grande est la forme de pari la plus chère.
Les systèmes de batteries industrielles figurent sur la liste de la déduction thématique pour investissement, mais VEKA ne délivre pas d'attestations pour l'instant. Calculez donc le business case sans cette déduction.
Questions fréquentes
Votre question n'y figure pas ? Posez-la-nous directement.
Combien est-ce que j'économise par kW retiré de ma pointe ?
En Flandre en 2026 : 53,39 € par kW et par an, calculé sur la moyenne de vos douze pointes mensuelles. Si vous retirez chaque mois 50 kW de votre pointe, vous économisez environ 2 700 € par an sur ce poste, à titre indicatif. S'y ajoute l'injection évitée si la batterie se recharge à l'électricité solaire.
Puis-je recharger la batterie avec mes panneaux solaires ?
Oui, et c'est le but. En journée, la batterie se recharge avec le surplus que vous injecteriez sinon à 3 à 4 centimes par kWh, sans prélèvement supplémentaire et sans nouvelle pointe. Les jours sans soleil, elle se recharge lentement sur le réseau, sous le plafond fixé, de sorte que la recharge elle-même ne devient jamais votre pointe mensuelle.
Et si ma pointe dure des heures chaque jour ?
Ce n'est alors pas une pointe mais une charge de base, et une batterie n'est pas le bon outil : la capacité énergétique nécessaire la rendrait trop chère. Nous regardons alors votre puissance de raccordement, la répartition de votre processus sur la journée et le pilotage de vos consommateurs flexibles. Ce n'est que s'il reste de courts pics qu'une batterie entre en jeu.
Une batterie industrielle donne-t-elle droit à la déduction pour investissement ?
En principe, oui : les systèmes de batteries industrielles figurent sur la liste des investissements énergétiques de la déduction thématique pour investissement. Mais VEKA ne délivre pas d'attestations pour l'instant et la mise en œuvre du régime reste incertaine. Calculez donc votre business case sans cette déduction et faites vérifier par votre comptable si vous pouvez l'appliquer.
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Pour aller plus loin
- Batterie industrielle : stockage pour l'écrêtage de pointe, d'une armoire de 100 kW à un conteneur de 2,5 MW.
- Votre facture augmente à cause des pointes ? : le tarif capacitaire facture 53,39 € par kW et par an sur la moyenne de vos pointes mensuelles.
- Gestion de l'énergie avec un EMS : réduisez vos coûts d'énergie : votre compteur mesure une pointe toutes les 15 minutes.
- Réduisez vos coûts d'énergie par l'écrêtage de pointe : l'écrêtage réduit votre pointe facturée, la moyenne de vos pointes mensuelles sur les douze derniers mois, à 53,39 € par kW.